Word, Excel et PowerPoint dans Copilot : ce qui change

Word, Excel et PowerPoint dans Copilot : ce qui change

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Word, Excel et PowerPoint dans Copilot : ce qui change

Ronan Broussier

Word, Excel et PowerPoint dans Copilot : ce qui change

Ronan Broussier

Microsoft intègre Word, Excel et PowerPoint dans l'application Copilot : disponibilité, licences, coûts et décisions à préparer pour votre entreprise.

Pendant longtemps, la logique était simple : on ouvrait Word, Excel ou PowerPoint, puis on appelait Copilot à l'aide dans un panneau latéral. Microsoft est en train d'inverser ce schéma. Depuis le 9 octobre 2026, une partie des entreprises peut créer, modifier et partager des documents Word, Excel et PowerPoint directement depuis l'application Microsoft Copilot, sans jamais ouvrir l'application Office correspondante.

Ce changement paraît anodin. Il ne l'est pas : il déplace le point d'entrée du travail quotidien vers une conversation avec l'IA. Pour une DSI, cela pose des questions de déploiement, de licences et de coûts. Pour les managers et les collaborateurs, cela change la façon de produire un document, de le relire et de le partager.

Dans cet article, nous verrons ce qui a été annoncé, ce que cela change concrètement, les limites et les incertitudes à connaître, puis les décisions à préparer dans votre organisation.

Ce qui a été annoncé, et quand

Le 25 septembre 2026, Microsoft a présenté une nouvelle application Copilot, organisée autour de plusieurs espaces dont Chat, Cowork (l'agent qui mène des tâches longues), Code et Autopilot. L'application « Microsoft 365 Copilot » s'appelle désormais simplement « Microsoft Copilot ». Selon la documentation Microsoft Learn mise à jour le 19 octobre 2026, c'est une seule application pour les comptes personnels et professionnels, sans échange de données entre les deux, disponible sur le web, Windows, macOS, iOS et Android.

Le 9 octobre 2026, Microsoft a détaillé l'arrivée d'Office dans cette application. L'annonce officielle décrit Word, Excel et PowerPoint « avec toute la puissance d'Office ». Le travail commence dans Chat ou Cowork, le document s'ouvre à côté de la conversation, et l'on peut l'affiner par des instructions ou l'éditer directement avec les commandes habituelles.

Point essentiel pour les entreprises : le déploiement concerne pour l'instant les clients du programme Frontier, le programme d'accès anticipé de Microsoft, dans Chat et Cowork. Aucune date de disponibilité générale n'a été communiquée.

Ce que cela change concrètement

Les principales fonctionnalités annoncées sont les suivantes :

  • coédition en temps réel : partage, commentaires et présence des autres utilisateurs dans un même fichier ;

  • continuité : on peut basculer vers l'application Word, Excel ou PowerPoint classique sans perdre le contexte de la conversation ;

  • une bibliothèque unique (« Library ») qui regroupe les fichiers récents, les pages et les images générées, stockés dans OneDrive avec leur historique de versions et leurs étiquettes de sécurité ;

  • PowerPoint respecte la charte graphique et les modèles de l'entreprise ;

  • Excel permet de revoir les modifications faites par Copilot et propose des graphiques ;

  • le choix du modèle d'IA, ou un mode automatique qui choisit à votre place.

Sur ce dernier point, Microsoft a annoncé le 30 septembre 2026 l'arrivée de GPT-6.1 Sol (OpenAI) et de Claude Sonnet 5.5 (Anthropic) dans Copilot, d'abord dans Cowork et Copilot Studio, puis dans Word, Excel, PowerPoint et Chat. Les administrateurs doivent noter que Claude Sonnet 5.5 nécessite que le sous-traitant Anthropic soit activé dans le tenant. L'annonce d'Office dans Copilot, elle, ne précise pas quels modèles y tournent exactement.

Pour les collaborateurs, le changement est surtout un changement de geste. Plutôt que de partir d'une page blanche dans Word, on décrit le document attendu, on l'obtient dans la conversation, puis on le corrige. C'est efficace pour un premier jet, à condition de garder le réflexe de la relecture.

Quelques cas d'usage métier où ce nouveau parcours peut faire gagner du temps :

  • le compte rendu d'un temps collectif : à partir de notes ou d'une transcription, Cowork prépare un document Word structuré, que l'équipe complète et commente ensemble ;

  • le reporting mensuel : on décrit les indicateurs attendus, Copilot construit le tableau Excel et propose des graphiques, puis on vérifie chaque formule avant diffusion ;

  • la présentation d'un projet : à partir d'une note de cadrage, PowerPoint génère une première version conforme à la charte, que l'on réorganise ensuite à la main ;

  • la mise à jour d'un document existant : on retrouve le fichier dans la bibliothèque, on demande les modifications dans la conversation, et l'historique des versions garde la trace de chaque étape.

Dans tous les cas, la conversation devient une sorte de journal de production du document. C'est pratique pour comprendre comment un fichier a été construit, mais cela suppose de bien choisir ce que l'on écrit dans cette conversation, surtout lorsque le document est partagé.

Le contexte : adoption, licences et coûts

Ce mouvement s'inscrit dans une stratégie plus large. Microsoft a annoncé le 29 juillet 2026 plus de 30 millions de sièges payants de Microsoft 365 Copilot. C'est une progression rapide, mais qui reste modeste rapportée au parc de plus de 450 millions de sièges Microsoft 365 commerciaux, et un siège payé ne dit rien de l'usage réel.

Côté coûts, la distinction entre usage inclus et usage facturé devient centrale. Selon Computerworld (15 octobre 2026), Chat est inclus dans la licence, alors que Cowork consomme des crédits Copilot facturés à l'usage. Max Goss, analyste chez Gartner, estime que réunir les deux dans une seule interface « va compliquer les choses » et anticipe du gaspillage si le déploiement n'est pas encadré. Nous avions détaillé ce modèle de facturation dans notre article sur Copilot facturé à l'usage.

La même enquête Gartner auprès de 186 responsables informatiques montre que 51 % placent « prouver la valeur » parmi leurs trois premiers freins. Les usages jugés à forte valeur restent la génération de contenu (49 %) et la recherche documentaire (44 %), loin devant l'automatisation par agents (20 %).

Les limites et ce que l'on ne sait pas encore

Plusieurs points appellent la prudence :

  • la disponibilité : seuls les clients Frontier y ont accès, sans calendrier de généralisation, et la presse spécialisée évoque des délais de plusieurs mois ;

  • la maturité : des testeurs signalent des fonctions annoncées qui n'apparaissent pas encore, ou des skills partagées depuis Cowork absentes de Chat ;

  • la lisibilité de l'offre : Copilot Chat, Microsoft 365 Copilot, Cowork, Frontier, crédits… plusieurs médias spécialisés jugent l'offre difficile à suivre, ce qui complique la communication interne ;

  • les modèles : le choix du modèle est possible, mais les conditions (limites d'usage, sous-traitants à activer) varient selon les surfaces.

Côté administration, un changement plus concret approche : selon le centre de messages Microsoft, les utilisateurs qui n'ont pas encore été redirigés vers copilot.cloud.microsoft le seront début novembre 2026. Microsoft recommande d'autoriser l'ensemble du domaine *.cloud.microsoft et d'utiliser les restrictions de tenant plutôt que de bloquer l'adresse, pour éviter les connexions avec des comptes personnels.

Les décisions à préparer dans votre organisation

Pour la DSI :

  • vérifier les règles réseau avant la redirection de novembre (domaine *.cloud.microsoft autorisé) ;

  • décider si l'organisation rejoint Frontier, et pour quel groupe pilote : le programme est désactivé par défaut et s'active par groupe ;

  • fixer une politique de dépenses pour les fonctions facturées à l'usage, avant d'ouvrir Cowork largement ;

  • statuer sur l'activation des sous-traitants (OpenAI, Anthropic) au regard de votre politique de données.

Pour les managers :

  • choisir deux ou trois documents récurrents (compte rendu, note de synthèse, présentation d'équipe) pour tester le nouveau parcours ;

  • mesurer le temps gagné, mais aussi le temps de relecture : c'est là que se joue la valeur réelle.

Pour les RH et la communication interne :

  • expliquer simplement la différence entre ce qui est inclus et ce qui est facturé, pour éviter les malentendus ;

  • prévoir une sensibilisation centrée sur les usages, pas sur les menus, qui changent tous les mois.

Pour les collaborateurs :

  • garder la main sur le fond : un document produit dans une conversation reste votre document, avec votre responsabilité ;

  • vérifier systématiquement chiffres, noms et références avant de partager.

Mon avis

À mon sens, ce changement est plus important qu'il n'y paraît. En faisant de la conversation le point de départ du travail, Microsoft rapproche Copilot de ce que proposent déjà ChatGPT ou Claude, tout en gardant son atout majeur : vos fichiers, vos droits d'accès et votre gouvernance restent dans Microsoft 365.

Je vous conseille néanmoins de ne pas confondre annonce et disponibilité. Tant que l'accès reste limité au programme Frontier, le bon réflexe est de préparer le terrain (réseau, budget, pilote, sensibilisation) plutôt que de promettre la nouveauté à tous vos collaborateurs. Le jour où la fonctionnalité arrivera pour tous, les équipes déjà sensibilisées sauront en tirer parti dès la première semaine.

Et vous, préférez-vous partir d'une page blanche ou d'une conversation pour produire un document ? Votre organisation a-t-elle déjà fixé des règles sur les fonctions de Copilot facturées à l'usage ?

Au plaisir de vous lire.

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Sources